Malibo-chien et Tip-top lapin

Malibo-chien ? On ne s’y fiait guère dans le pays, mais on aimait bien Tip-Top lapin., il était si gentil ! 

Un jour, les deux animaux faisaient route ensemble à la recherche d’un abri dans la campagne d’hiver. Tandis, qu’ils trottaient, Malibo-chien aperçu au loin, une hutte de glace qui brillait comme du diamant. Il s’en réjouit et dit tout bas :

 Enfin, je vais m’abriter du froid. Cette hutte de glace, là-bas sera pour moi, rien que pour moi !

 Qu’est-ce que tu dis ? demanda Tip-Top lapin qui n’avait pas vu la hutte de glace.

 Rien, rien…

Au bout d’un court moment, ils atteignirent la hutte de glace. Elle ne semblait pas habitée. Ils firent le tour et l’examinèrent avec soin. Malibo-chien se parla tout bas, rien que pour lui :

 Elle est très bien pour moi, rien que pour moi.

 Qu’est-ce que tu dis encore? demanda Tip-Top lapin

 Rien, rien…

Alors, lapin heureux, sautilla dans la neige, et se mit à rouler, rouler, rouler….

Pendant ce temps là, Malibo-chien entra dans la hutte de glace et referma la porte devant Tip-Top lapin, qui se retrouva seul, dans le froid et la neige.

Le petit lapin frappa à la porte de la hutte et le chien répondit :

 Mon cher, c’est tout petit là-dedans. Il n’y pas de place pour toi. Va chercher ailleurs.

Le petit lapin entendit les rires du chien et continua son chemin, seul et triste.

Mais heureusement, le soir-même, à la lisière d’une forêt, il trouva une jolie hutte de bois. Il s’y trouva bien et s’y installa confortablement pour y passer l’hiver.

Le printemps arriva. Et qui fut bien surpris un beau matin, en se réveillant couché dans une grande flaque d’eau ? ce fut Malibo-chien ! Toute cette eau c’était là ce qui restait de la hutte de glace…

Furieux, Malibo-chien s’enfuit à travers bois pour y trouver une autre maison, et ne tarda pas à trouver la hutte de Tip-Top lapin.

 Hé hé, hé, grogna-t-il, Sieur Tip-Top lapin, on se met bien ! on a des fleurs à sa fenêtre et des légumes dans son jardin ! Tiens, justement, tu es sortis de ta hutte !

Et le chien rentra dans la hutte du lapin, il se barricada à l’intérieur.

Quand il revint, le lapin comprit tout de suite que quelqu’un était venu. Il colla son oreille contre la porte : quelqu’un ronflait dans sa maison. Il le reconnu tout de suite : c’était Malibo-chien .

  Ah, encore toi, Malibo, ouvre-moi je t’en prie.

Mais Malibo-chien se mit à crier :

 Ta, ta, ta ! je suis le roi, je suis chez moi, lapin de malheur. Allez ouste, vas-t’en ! sinon je te

réduis en miettes !

Tip-Top lapin eut peur ; il détala et s’en vint pleurer dans son jardin.

Passant par là, la jument Caracole se proposa pour aider le lapin. Elle frappa à la porte, et la réponse fut aussi accueillante que la première fois :

 Ta, ta, ta ! je suis le roi, je suis chez moi, jument de malheur. Allez ouste, vas-t’en ! sinon je te réduis en miettes !

La jument eut peur et s’empressa d’aller rejoindre le lapin dans le jardin.

Passant par là, la chèvre bricolette proposa de les aider. Elle frappa à la porte et…

 Ta, ta, ta ! je suis le roi, je suis chez moi, chèvre de malheur. Allez ouste, vas-t’en ! sinon je te réduis en miettes !

La chèvre eut peur et se faufila dans le jardin pour y rejoindre les autres.

Passant par là, la chatte Friquette proposa de les aider. Elle frappa à la porte et…

 Ta, ta, ta ! je suis le roi, je suis chez moi, chatte de malheur. Allez ouste, vas-t’en ! sinon je te réduis en miettes !

La chatte eut peur et se réfugia dans le jardin pour y retrouver ses amis.

Et l'araignée Piquette arriva.

 Je vais vous aider, console-toi petit lapin, tu vas retrouver ta maison.

  C’est impossible, tu es mille fois plus petite que tous les autres animaux qui ont voulu déloger le chien et qui n’y sont pas arrivé !

 C’est une promesse, laisse-moi faire.

Devant la maisonnette, elle ne fit pas de bruit, mais tout petit, tout mini, elle passa sous la porte, arriva tout petit, tout mini près de la paillasse où ronflait Malibo-chien. Elle atteignit la patte du dormeur.

Et pic, pic, pic sur la patte. Et pic, pic, pic sur le ventre. Et pic, pic, pic sur le museau, Pic, pic…Alors Malibo-chien fit un bon et rugit :

  Cette paillasse est endiablée. J’ai la fièvre, je suis malade, un peu d’air, un peu d’air !

Il ouvrit la fenêtre pic, pic, pic il ouvrit la porte, pic, pic, pic et fou d’inquiétude il se mit à courir, courir…

Il passa dans le jardin sans même voir Tip-Top le lapin et les autres animaux réunis dans le jardin. Il courut, courut, courut, et court sans doute encore….

 

D’après le conte de Lily Boulay « Magie du conte, ses rythmes, sa dynamique »

 

 

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