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Flocon et le lapin de Pâques
Une histoire de Kathrin Siegenthaler et
Marcus Pfister
Edition Nord-Sud
"Flocon est tout pensif au fond de son
terrier.
"Dis, Maman, est-ce que je vais rester blanc
toute ma vie ?"
Maman lapin éclate de rire. "Mais bien sûr,
Flocon ! Tu vas devenir grand et fort, mais
tu seras toujours un lapin des neiges."
"Moi, je voudrais bien être quelqu'un
d'autre", ronchonne le lapereau en sautant
par-dessus le dos de sa maman.
"Un oiseau par exemple. Je pourrais voler
dans le ciel.
Ce serait formidable !"
"Oui, Flocon, ce serait sûrement formidable.
Mais ce n'est malheureusement pas possible.
Par contre toi, tu fais des bonds et des
crochets comme seuls les lapins savent le
faire."
L'un près de l'autre, Maman lapin et son
petit traversent le haut plateau.
"Dis, Maman, pourquoi est-ce que les lapins
de neiges sont tous pareils ? Moi, je ne
veux pas être comme tous les autres !"
"Mais, Flocon, tu n'es pas comme tous les
autres ! Et la jolie pointe bleutée de ton
oreille alors ? Regarde, les lapins qui
vivent là-bas dans la vallée, eux, sont
marron. Ce sont des lapins de garenne. Et
puis il y a bien sûr encore le lapin de
Pâques."
"Le lapin de Pâques ?" Flocon dresse ses
longues oreilles.
"Oui. C'est un lapin extraordinaire. On
raconte plein de choses incroyables sur lui.
On dit qu'il est plus rapide que le vent. Et
il paraît que lorsqu'il se cache dans un
trou ou sous un buisson, même le faucon aux
yeux perçants n'arrive pas à le trouver.
C'est pour ça que personne ne l'a encore
jamais vu."
"Oh Maman, s'il te plaît, parle-moi encore
du lapin de Pâques !"
"Il est très courageux et n'a peur ni du
renard, ni du loup.
Chaque année à Pâques, il va de poulailler
en poulailler chercher des oeufs qu'il
ramène chez lui - sans en casser un seul
Là, il les peint de toutes les couleurs puis
les cache dans l"Si, Flocon, tu as raison.
Dans certaines régions, ce sont les
cloches. Mais dans d'autres pays, c'est le
lapin."
"Magnifique, Maman ! J'ai trouvé, je veux
devenir un lapin de Pâques."
Et hop, le voilà parti d'un bond. es jardins
et les forêts. Le dimanche de Pâques, les
enfants partent les ramasser avec leurs
petits paniers. Voilà, c'est tout ce que je
sais."
"Et les cloches alors ? Ce ne sont pas
elles qui déposent les oeufs de Pâques en
revenant de Rome ?"
Un peu plus loin, il s'arrête pour
réfléchir.
"Euh !... comment on fait pour devenir un
lapin de Pâques ?
Qu'est-ce qu'elle a dit, Maman ? Ah oui, il
faut être courageux et ne pas avoir peur du
renard."
Alors Flocon s'enfonce dans la forêt pour
chercher le renard.
Et il finit par le trouver endormi dans un
vieux tronc d'arbre creux
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Le lapereau est très fier de lui.
"Si Maman voyait comme je suis courageux
!". Il s'était imaginé le renard bien
plus dangereux. A le voir dormir ainsi,
il a plutôt l'air gentil. |
Mais soudain, le renard bondit et essaie
d'attraper Flocon.
Il avait flairé le petit lapin depuis
longtemps et faisait seulement semblant de
dormir. Flocon a juste le temps de sauter
sur le côté.
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Puis il se met à courir de toute la
vitesse de ses petites pattes en
faisant des crochets, comme Maman le
lui a appris. |
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Flocon se glisse dans l'herbe haute et ne
bouge plus d'un poil.
Il est à bout de souffle. Son coeur bat
comme un fou. Non, décidément, il n'est pas
encore aussi rapide que le vent.
Mais pour ce qui est de savoir se cacher, ce
n'est déjà pas si mal. Le renard, en tout
cas, a abandonné ses recherches et repart à
pas feutrés.
Flocon pousse un gros soupir. "Ouf ! C'est
fatigant d'être lapin de Pâques !"
Il ressort prudemment de l'herbe et se met à
gambader dans la prairie.
Et hop ! Le voilà tout à coup nez à nez
avec un lapin marron. Flocon n'en revient
pas.
"Bonjour, lapin des neiges", dit le lapin
brun.
"Bonjour", répond Flocon tout timide. "Tu es
le lapin de Pâques ?"
"Le lapin de quoi ? Qui est-ce ? Moi, je
suis un lapin de garenne."
"Dommage !" dit Flocon déçu. Il lui raconte
tout ce qu'il sait et ajoute : "Voilà. Alors
moi, j'ai décidé de devenir un lapin de
Pâques."
"Formidable !" s'écrie le lapin de garenne.
"Viens, on va chercher une basse-cour. Ça ne
devrait pas être si difficile que ça de
ramener quelques oeufs jusqu'à la maison !"
Ensemble ils se mettent en chemin. Et
bientôt, ils découvrent un petit poulailler.
Les deux lapins expliquent aux poules qu'ils
veulent devenir des lapins de Pâques et que
pour cela, il leur faut des oeufs
"D'accord", caquette une bonne mère poule.
"En voici un pour toi et un pour toi. Mais
faites bien attention de ne pas les laisser
tomber !"
"Ne t'inquiète pas, nous serons prudents.
Merci beaucoup !"
Les voilà partis à tout petits pas. "Viens
!" dit Flocon. "Allons chez moi. Maman sait
sûrement comment on peint des oeufs."
Mais remonter jusqu'en haut du plateau est
bien plus difficile qu'ils ne l'avaient cru.
Juste avant d'arriver au terrier, boum, le
malheur arrive : Flocon glisse, son ami
culbute sur lui.
Oh là là, quelle omelette ! Les deux oeufs
sont cassés.
A la maison, Maman lapin console les deux
lapereaux.
"Ne soyez pas tristes, mes petits, que
voulez-vous ? Il n'existe qu'un seul lapin
de Pâques, c'est sûrement pour ça qu'il est
extraordinaire. Mais regardez donc qui est
passé aujourd'hui, il y a une surprise pour
vous."
Flocon et son ami n'en croient pas leurs
yeux
Un superbe oeuf de Pâques les attend,
entouré d'un beau ruban rouge. "Le lapin de
Pâques est venu ?" demande Flocon.
Il bondit de joie. "C'est le plus bel oeuf
que j'aie jamais vu !"
Puis le lapin de garenne se blottit tout
contre lui et tous deux s'endorment très,
très heureux. |